
Musicien, dj, producteur d’une musique électro sophistiquée et très efficace, co-fondateur du label Meant Records, Siskid, David Shaw de son vrai prénom et britannique d’origine, renouvelle la scène électronique française en y apportant fraicheur et créativité. Son background classique lui permet de créer une identité musicale très originale entre électro et rock indé. Après avoir sorti quelques maxis au sein du label Initial Cuts, il a participé aux cotés d’Ivan Smagghe et d’Arnaud Rebotini au projet Blackstrobe en 2007. Siskid se concentre aujourd’hui sur la production de son prochain album. Entretien.
Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir musicien ?
Un parcours assez classique en fait, j’ai commencé la musique tout petit, ma grand-mère était pianiste. J’ai suivi des cours de piano à cinq ans et j’adorais ça, j’étais très réactif à la musique. J’ai fait un peu de violoncelle, de batterie au conservatoire. Et j’ai rapidement eu envie d’expérimenter mes propres trucs. Je me suis mis à la guitare et à la basse pour
Ton arrivée en France a eu une influence sur ton travail ?
J’ai toujours été assez solitaire, j’ai toujours emmené ma maison sur mon dos. Forcément, je découvre des choses à droite et à gauche, mais assez rapidement j’ai su ce que j’aimais. J’ai toujours écouté plus ou moins les mêmes choses, le fait de venir vivre en France n’a pas finalement eu une si grande influence que cela. Ce qui est certain, c’est que ma culture musicale est plutôt britannique.
Tu penses que c’est plus évident de vivre en Angleterre en tant que musicien ?
Je ne pense pas en fait. Il y a une vraie culture musicale en Angleterre, une culture très rock que j’apprecie d’ailleurs. Tu ressens une vraie dynamique, Londres pullule de groupes en tous genres mais paradoxalement le système là-bas c’est quand même un peu marche ou crève ! Il arrive régulièrement que les groupes doivent payer pour être sur scène ou pour faire une première partie. De toute façon, j’ai assimilé depuis un moment que je vivrais difficilement de ma musique, je m’en sors parce que je fais des musiques de défilés, de la synchro, des musiques de pubs…
Avec une formation plutôt classique, d’où vient ton goût pour la musique électro ?
Je me suis toujours promis de ne jamais lacher une chose pour une autre. Pendant longtemps, j’ai mis beaucoup d’énergie dans une dynamique collective, naturellement après j’ai eu envie d’exprimer mes propres influences et mes envies et aussi de découvrir le travail avec les machines. A l’époque, je bossais chez Colette, la mode à l’époque c’était très house filtrée, ce qui n’a jamais été vraiment mon truc. Ensuite, l’électro-clash est arrivé, j’ai commencé à mixer et à produire mes premiers tracks.
A tes débuts, tu as été signé chez Inital Cuts, une belle expérience ?
Les gens d’Initial Cuts sont vraiment cools. C’est arrivé un peu par hasard cette signature en fait. Emma Peel a écouté mes morceaux et elle m’a conseillé d’envoyer mes morceaux à Initial Cuts. Fabrice, le boss d’Initial Cuts (Ndlr: et cousin de Para One) m’a vite répondu, on s’est rencontré et Fabrice m’a souhaité la bienvenue au sein de son label quelques jours plus tard en me proposant de sortir mon disque. Ensuite, j’ai monté mon propre label Meant Records avec un ami pour faire mes propres trucs.
Tu as participé à une série de remixes tribute à Jacno, qu’est ce qui t’as motivé à participer à ce projet ?
J’ai vraiment besoin d’aimer ce que je fait. Quand on m’a proposé de remixer Etienne Daho, j’ai adhéré de suite au projet. J’adore ce mec, ce qu’il dégage, une classe discrète… Musicalement,c’est aussi la grande classe, la plupart de ses morceaux sont des tubes, et je trouve qu’il a fait des choix pertinents tout au long de sa carrière. Et puis, il faut avouer que j’aime aussi travailler avec l’équipe d’Ekler’o'shock donc j’ai foncé !
Et d’ailleurs, je suis super content du remix en fait. J’ai reçu les pistes, et j’ai eu envie de réécrire complétement le morceau, j’aime bien adapter une nouvelle grille, et faire tendre le morceau vers quelque chose de plus mélancolique généralement, mais là j’ai eu envie d’emmener ce track vers une ambiance d’été, un morceau à écouter en décapotable alors que tu roules vers la Californie avec ta nana.
Comment tu bosses ?
Je bosse avec des synthés et des machines analogiques et numériques qui font exactement ce dont j’ai besoin. J’ai besoin d’aller vite alors j’essaie de me simplifier les choses au niveau du matos, maintenant j’ai mes repères et je travaille avec les trucs que je connais. Même si j’ai beaucoup de machines, au final je n’en utilise que quelques-unes et l’ordi me permet de faire beaucoup de choses vite et bien. Par exemple, mes parties de batteries sont quasiment toujours faites avec les mêmes sons genre 707, 808, 909, Linndrum…et mes boucles rythmiques sont déjà quasiment programmées. Ensuite, je n’ai plus qu’à me concentrer sur les mélodies.
Quel est le track dont tu es le plus fier dans ta disco ?
Je ne suis pas vraiment hyper fier de ce que je fais, j’ai juste l’impression qu’à chaque fois que je finis un morceau je suis déjà passé à autre chose. Je suis plus tourné vers le futur en fait, mais en ce moment j’ai l’impression de vraiment maîtriser ce que je fais et d’aller dans la bonne direction.
T’as un nouvel album en préparation ?
Oui, j’ai déjà produit plus de la moitié de cet album. Ca va être moitié pop et moitié club, encore que je pense pas vraiment faire de la musique club comme celle que tu retrouves dans les charts. Je me concentre toujours plus sur les mélodies, c’est ce qui m’accroche le plus dans la musique, et c’est ce qui m’éloigne un peu des tracks purement banger club. Normalement, la sortie devrait se faire vers la fin de l’année.
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