Interview de SOMA


SOMA, c’est au départ quatre potes de lycée qui décident de faire du rock sous l’influence des Smashing Pumpkins mais aussi plus tard des Oasis, Supergrass ou Jet. En 2010, ils sortent leur premier album Jewel and The Orchestra, un album avec des titres tubesques à l’image du Get Down dont le sulfureux clip a été plus ou moins censuré, ou encore du titre The Backyards avec une mélodie qui vous rentre dans la tête pour ne plus jamais en sortir. SOMA, c’est du gros rock, des mélodies pop, des textes bien sentis, chantés en anglais, et surtout une pêche incroyable sur scène. Un petit bijou…

Comment vous est venue l’idée de monter SOMA ?
On s’est connus au lycée, on a commencé à faire de la musique ensemble comme pas mal de jeunes le font. On faisait pas mal de reprises, notre truc c’était de jouer fort et vite au départ. Puis, on a commencé à faire quelques compositions, on a gagné un concours dans notre coin qui nous a permis de nous situer par rapport aux autres groupes. Et on s’est lancés un peu comme ça. On a évolué ensemble, on a appris à faire de la musique ensemble et on a commencé à écumer les salles du sud de la France.

Pas évident de se faire une place à Marseille en tant que groupe de rock ?
Il y a plein de groupes mais il n’y a pas vraiment de public. Tu galères un peu, même les groupes internationaux ne font que 600 personnes à l’Espace Julien, c’est dire. Marseille et le rock c’est un peu compliqué, c’est un peu comme le vin anglais, ça le fait pas. Les gens préfèrent faire la fête au soleil que de s’enfermer dans une salle de concert.

Que pensez-vous de la scène rock française ?
Nous, on pense qu’il y a une scène rock en France, c’est tout. Certains groupes chantent en français, d’autres en anglais, chacun trouve son style. C’est plutôt dommage d’enfermer les groupes dans une catégorie ou une autre. Des groupes, comme Sanseverino ou Bénabar, se trimballent maintenant une étiquette chanson française alors qu’ils font aussi du rock ou du jazz manouche… Nous perso, on préfère des groupes qui chantent en anglais comme les Cocoon, Stuck in the Sound, Revolver…Y a eu plein de trucs supers dernièrement, des groupes français qui chantent en anglais et qui le font bien.

Vous avez effectivement choisis de chanter en anglais, pourquoi ce choix ?
On n’a pas fait le choix de chanter en anglais, c’est venu tout naturellement finalement. Depuis toujours, on écoute des groupes anglais, on n’a jamais fait de séparation entre musique anglaise et chanson française. Le fait de faire un choix, c’est se mettre des barrières et c’est pas trop notre truc. On a surtout envie de faire des morceaux fidèles à ce que l’on est et de se faire plaisir quelle que soit la langue utilisée.


Quels sont les thèmes abordés dans cet album ?
C’est assez varié, mais la plupart des morceaux font référence à la culture américaine, la Beat génération, des personnages emblématiques comme James Dean, Kerouac…
Il y a vraiment de tout, des chansons d’amour, des chansons super positives, mais à chaque fois c’est dans la description, on aime bien mettre un côté un peu littéraire dans nos textes…

Vous avez fait quelques teasers assez drôles, comment avez-vous eu ces idées ?
On s’est réunis autour de quelques bières, en se disant « qu’est ce que l’on pourrait bien faire de marrant pour annoncer la sortie de notre album ». A chaque fois, on fait participer les gens avec qui on bossent, de temps en temps les médias aussi, au final le résultat est plutôt sympa et tout le monde s’est bien marré à les faire.

Comment s’est passée votre rencontre avec Dave Sardy (Oasis, RATM, Supergrass) ? Qu’a t-il apporté à votre musique ?
En fait, il n’y a pas vraiment eu de rencontre, enfin pas physiquement vu que tout s’est passé via Internet. On l’a contacté sans vraiment trop y croire, ce mec c’est quand même une star dans son genre et il prend généralement des cachets assez conséquents pour son travail. Il sortait du dernier album d’Oasis, on avaient vraiment du mal à croire qu’il allait faire SOMA après… Mais bon, grâce à notre directeur artistique, on a pris contact avec lui, on lui a envoyé nos pistes et chaque jour il nous renvoyait un morceau mixé ! On était super heureux de ce qu’il faisait, d’autant que c’est lui qui est derrière le son de la plupart des musiciens que l’on écoutent. Au final, le son de notre album est compressé, super punchy, assez propre mais avec un petit côté garage, avec un grain bien particulier qui fait que l’on se situe entre la production américaine et la production anglaise, ce flou-là ça nous plait bien.

Vous avez déjà eu l’occasion de jouer à l’étranger, quel est l’accueil du public dans les autres pays ?
On a eu l’occasion de jouer en Allemagne, Hollande, Belgique, Suisse… On fait le tour de l’Europe avec notre album. On a vraiment ressenti un truc différent au niveau de l’accueil surtout, et puis il faut avouer qu’à l’étranger les gens comprennent mieux l’anglais et donc réagissent mieux aux textes, ou en tout cas sont plus attentifs que le public français.

Je vous ai vu descendre au milieu du public à la fin d’un concert pour reprendre un de vos morceaux en acoustique…
On ne fait pas cela à chaque fois, mais ce soir-là on a senti que le public en voulait plus, nous aussi on avait encore envie de jouer, donc on est descendus faire un morceau en acoustique, c’était vraiment sympa, et quand tout le monde s’est mis à chanter, ça nous a vraiment fait plaisir.

Quels sont vos projets pour le futur ?
On se concentre pour le moment sur les concerts, on fait un peu de promo mais c’est vrai qu’on pense déjà au deuxième album. On va certainement aller s’isoler bientôt pour écrire et composer…

SOMA, Jewel and The Orchestra (Jive Epic/Sony)

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