
D’origine espagnole et britannique, cette jeune londonienne sort son premier album « Do you want the truth or something beautiful ? ». Ancienne assistante de magicien, danseuse contemporaine, aujourd’hui comédienne et musicienne, elle a depuis le début de sa carrière souhaité explorer toutes les facettes de la scène et de l’art. Diplômée d’une école de design et pour autant passionnée par la musique, Paloma Faith nous propulse dans son univers fantaisiste de contes de fées dès les premières notes. Une voix unique aux couleurs jazz et soul, emmenée par une power pop terriblement efficace, Paloma Faith est sans nul doute une des artistes qui va marquer la nouvelle décennie à venir.
Avant de devenir une chanteuse, tu étais assistante de magicien, danseuse, peux-tu nous dire ce que ces expériences t’ont apportés ?
Je pense avoir eu beaucoup de chance. J’ai commencé à travailler à 14 ans et depuis je n’ai jamais arrêté, parce que j’ai toujours eu en tête de gagner mon propre argent et que je ne voulais surtout pas dépendre de quelqu’un. Ma mère était une mère célibataire donc je me sentais coupable d’être un poids pour elle. Mais j’ai vite compris que je n’étais pas très douée pour faire des métiers conventionnels. Je me suis donc lancé dans des activités artistiques qui ressemblaient plus à ma personnalité un peu décalée. Je pense que toutes ces expériences ont été très enrichissantes, elles m’ont permis d’apprendre le métier d’artiste et d’apprendre à être sur scène devant un public. Elles ont aussi influencés la manière dont j’écris mes chansons, avec beaucoup de références aux mondes de la magie, du cirque, ces mondes qui sont entre la réalité et le rêve. Je vis ma vie très librement grâce à cela, et maintenant grâce à la musique tout cela devient très défini et certainement moins fantaisiste qu’auparavant mais c’est bien aussi.
As-tu suivi des cours de musique ou es-tu autodidacte ?
Je n’ai pas vraiment étudié la musique, mais j’ai toujours baigné dedans. Par exemple, mon père était un grand fan de jazz, il collectionnait les vinyles et on écoutait beaucoup de jazz ensemble. Et ma mère était obsédée par les songwriters à la Bob Dylan. A l’époque je détestais cette musique et ma mère me disait toujours « écoute ce que ce mec a à raconter ». J’écoutais beaucoup Nina Simone, Billie Holiday, Edith Piaf…J’ai commencé le piano aussi mais j’ai vite abandonné en vérité car cela m’ennuyait terriblement. Ensuite, j’ai chanté dans un jazz band pendant un long moment. Mais ensuite, j’ai décidé de faire des études d’arts et de design. Et quand j’étais en master, mon prof m’a fait ce beau cadeau en me disant que lorsque l’on choisi d’être artiste, ce n’est pas la manière de s’exprimer qui est importante mais ce que tu as à exprimer qui est essentiel.
Après cela, tout est devenu plus facile et libre pour moi. J’ai décidé d’aller vers la musique et le cinéma, car c’est ainsi il me semble que l’on peut toucher le plus de monde possible.
Pourrais- tu définir le style de musique que tu fais ?
Habituellement, quand on me demande de définir ce que je fais, je dis que c’est un mixe entre les contes de fées, les fantasmes et la nostalgie, la tragédie romantique. Mais en réalité, je n’aime pas définir ce que je fais, je ne vois pas pourquoi je devrais me cloisonner à un style particulier.
Peux-tu nous dire qui sont tes musiciens, car il semblerait que vous soyez réellement très proches les uns des autres ?
Oui c’est vrai et j’aime ce sentiment de familiarité que l’on a dans le groupe. Je pense vraiment que pour faire de la bonne musique, les membres d’un groupe doivent bien se connaître et s’apprécier. Je n’ai pas pu malheureusement faire venir tous les musiciens de l’album sur scène car cela reviendrait très cher.
On trouve une réelle esthétique dans ta musique mais également sur tes pochettes et ta façon de t’habiller lors de tes show, cela signifie t-il que tu souhaites avoir le contrôle de tout le processus créatif ?
Quand j’ai signé avec ma maison de disques, on s’est mis d’accord sur le fait que j’étais la plus qualifiée au niveau de l’esthétique que l’on souhaitait donner au disque. On s’est donc réparti les tâches, eux savent comment bien commercialiser un disque et moi je sais comment faire de la musique et comment faire en sorte que cela soit beau. La maison de disques a accepté de me laisser faire ce que je voulais.
Si tu pouvais choisir les artistes avec qui tu aimerais chanter…
J’adorerais chanter avec quatre personnes ! Anthony d’Anthony & The Johnsons, André 3000 d’Outkast, Caleb des Kings of Leon parce que je pense que nos voix iraient très bien ensemble, et Rufus Wainwright. Pour le moment, rien n’est prévu mais comme j’en ai très envie et que j’essaie de le dire dans chaque interview, peut-être un jour le message arrivera jusqu’à eux !
Apprécies-tu certains artistes français ?
Oui, les artistes français m’influencent beaucoup, par exemple sur ma chanson « Play on », on peut sentir l’influence d’Edith Piaf que j’adore. Je regarde beaucoup de films français également, un des derniers films qui m’a beaucoup plu est « De battre mon cœur s’est arrêté », j’aime aussi les films de Patrice Chéreau. En général, j’aime la façon de vivre des français et ce qu’ils ont donné comme valeurs dans le monde, notamment via l’aspect culturel.
On peut te voir dans le dernier film de Terry Gilliam « L’imaginarium du Docteur Parnassus », impressionnant de tourner avec un tel réalisateur ?
Je l’adore ce mec. Mon agent me dit souvent que j’ai beaucoup de chance parce que généralement les gens que j’apprécie artistiquement m’apprécient également. Et cela a été le cas avec Terry. J’étais très nerveuse à l’idée de le rencontrer et de travailler avec lui, parce que durant mon enfance j’ai été très marqué par un de ses films « Le Baron de Munchausen ».
D’habitude, quand je vais à une audition, j’y vais en jean et T-shirt pour ne pas troubler l’imagination des casteurs. Mais pour l’audition avec Terry, j’y suis allé comme j’aime être habillée, avec des fleurs dans les cheveux, du maquillage, et une grande robe. Quand j’ai ouvert la porte, il a dit de suite « Wahou, enfin quelqu’un d’excitant ! ». Donc nous avons beaucoup parlé, il m’a donné beaucoup de références afin de mieux comprendre le rôle et le film. Je trouve que ce film est vraiment très émouvant, même si on peut sentir que Terry manquait d’argent pour mener à bien toutes ses idées.
Tu viens de finir ta tournée, avant de la reprendre en mars, comment cela s’est-il passé ?
J’adore être sur scène, j’ai fait cet album pour être sur scène, car je m’y sens comme à la maison. Donc la tournée était superbe, il y a eu un show à Londres avec plus de 2000 personnes qui était vraiment génial, parce que tous ces gens ont repris en cœur avec moi la chanson « New-York », c’était un moment très émouvant. J’espère pouvoir connaître le succès autant en France qu’en Angleterre, d’ailleurs je promets que si je deviens populaire en France, je m’installerai en France.
Paloma Faith, Do you want the truth or something beautiful, Sony/Jive Epic.
http://www.myspace.com/palomafaith





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