Molécule, jeune artiste français, nous propose une virée dans son univers électro dub avec son troisième album, Climax, sorti en mars dernier. On trouve, sur cet album riche de 15 titres, des collaborations aussi efficaces que surprenantes, de Leeroy du Saian Supa Crew à Arielle Dombasle en passant par CharLélie Couture. Une production léchée, une véritable recherche mélodique et un son unique font de Climax un ovni dans la production électro française actuelle.
Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer ton parcours ?
J’ai commencé la guitare au collège, en autodidacte complet. Pendant 5, 6 ans, j’ai gratouillé et composé des choses dans mon coin et puis j’écoutais beaucoup de musique. La découverte des possibilités offertes par la MAO, conjointement à l’arrivée de la scène électro et trip-hop (Massive Attack, Tricky, Kid Loco, Kruder & Dorfmeister…) m’a profondément marqué. Cela m’a donné envie de donner vie aux idées que j’avais. De fil en aiguille, j’ai commencé à faire des productions, à rencontrer des artistes, à apprendre à leurs côtés. Tout ce processus a pris environ 8 ans. Le projet Molécule est né maintenant il y a 3 ans à peu près avec trois albums sortis.
Tu t’associes complètement à la scène Dub ?
L’aspect particulier de la scène Dub en France, c’est qu’elle est très associée au live. Des groupes comme Zenzile ou High Tone, ont formé dans le milieu des années 90 un courant qui est resté un peu underground mais qui a pourtant bien marché.
De mon côté, je ne réfléchi pas à savoir si le courant est porteur ou pas, ni si j’emprunte les codes de telle ou telle scène. Et puis je n’ai pas fait que du Dub, mon premier album est plus Hip-hop abstract, avec des petites consonances Dub. Le deuxième est très électro-dub, très influencé par la scène électro allemande. Et le troisième, l’idée c’était de faire de la chanson tout en restant très pointu sur la production. Pour chaque album, j’essaie de proposer un nouveau concept, le prochain album sera je pense plus électro, un peu plus énervé et plus représentatif de ce que Molécule est sur scène.
Comment définirais-tu le Dub ?
Le Dub n’est pas vraiment une musique en soi, c’est une technique de remix. L’arrivée du Dub, c’était les faces B sur les vinyles des jamaïcains, où on enlevait la voix, on gardait les instrus et on collait des effets. Tout peut être Dub en fait. On peut dire qu’il y a une grosse influence reggae dans mes morceaux, surtout si on regarde la structure des morceaux ou les collaborations avec des artistes comme Nemo ou ZigZag mais après on peut faire du Dub avec du Daft Punk ou de la variété. C’est vraiment une approche du son et de la production.
Quelques mots sur la production de Climax ?
Le concept de Climax était de collaborer avec des artistes vocaux essentiellement. Pour les artistes avec qui j’avais déjà travaillé comme Nemo ou Leeroy, j’ai organisé des séances de studio avec chaque artiste et on a travaillé ensemble sur des sons que j’avais produits pour arriver à des morceaux finis. Après, il y a eu des rencontres avec des artistes d’horizons différents comme CharLélie Couture ou Arielle Dombasle, qui sont des gens que j’ai rencontrés à travers mon activité un peu parallèle de remixeur – arrangeur pour des maisons de disques. Ils ont appréciés mon univers, alors je les ai sollicité le moment venu pour mon album. Je voulais vraiment faire quelque chose autour de la chanson et du texte en français, tout en gardant une production électro pointue.
Comment as-tu choisi tes interprètes ?
Arielle Dombasle, je l’ai rencontré sur son projet au Crazy Horse où je me suis occupé de la bande-son. J’ai rencontré une femme curieuse, ouverte, intéressée par des collaborations différentes. Naturellement, j’ai eu envie de lui demander de participer à ce projet et elle l’a fait avec grand plaisir. CharLélie, cela s’est fait par un ami saxophoniste en commun. Sans que je le sache vraiment, cet ami a envoyé des sons à CharLélie, qui a posé un texte dessus et finalement j’ai rebossé le morceau et cela s’est fait comme ça.
Qui a écrit les textes ?
Je n’écris pas les textes. Je donne quelques directions mais sinon c’est carte blanche aux artistes vocaux. Mon mode d’expression c’est vraiment le son, les harmonies. Et puis, jusqu’à présent, les artistes avec qui je collabore ont leur propre univers et ont des choses à exprimer.
Il y a un morceau qui te tient plus à cœur que les autres ?
Je suis fier des 15 titres de l’album. J’ai été critiqué sur le côté commercial ou variété de cet album mais si on est attentif à l’ensemble ou par exemple à certains interludes très expérimentaux, je trouve que cela montre l’originalité du projet et son identité.
Faluja est un peu le morceau fort de l’album, en collaboration avec un rappeur suédois. En réalité, je n’ai pas vraiment un titre que je pourrais défendre plus qu’un autre.
En vidéo, le track « Faluja » feat Promoe
Molécule sur scène, ça donne quoi ?
C’est une vraie formule Live avec Frank à la batterie, Ziggy au chant et moi derrière les machines où je reprends en temps réel les éléments de batterie et de voix que je triture en direct.
Sur la tournée à venir, Leeroy du Saian Supa Crew nous accompagnera aussi sur quelques dates. Sur scène, on est beaucoup plus rock que dans l’album. C’est une autre facette du projet où on l’est à la frontière de la scène dub et de la scène électro. On est dans une dynamique plus physique que cérébral, on essaie de faire bouger les gens intelligemment !
Quel est ton meilleur souvenir de concert ?
Y a eu des supers concerts l’année dernière au Trabendo pour le Télérama Dub Festival, avec un public qui commence à nous suivre, qui réagit et comprend notre musique. Et puis il y a plein d’anecdotes, par exemple, dans un festival en Picardie, le chanteur est tombé sur la batterie en plein morceau, on a du continuer à jouer avec une caisse claire et remonter la batterie en direct devant le public.
Des artistes avec qui tu aimerais bosser ?
Le projet avec Martina Topley Bird (Ndlr : une des chanteuses de Massive Attack notamment) c’est exactement ce dont j’ai envie. Je voulais vraiment bosser avec cette chanteuse. Pour le prochain Télérama Dub Festival, on voulait proposer quelque chose de nouveau, j’ai proposé cette collaboration avec Martina, et elle a accepté de faire cette date avec moi pour ce festival. Elle faisait vraiment partie des artistes avec qui je voulais bosser depuis longtemps. Ce qu’elle a fait avec Tricky est resté fondateur pour moi.
Climax est sorti il y a déjà quelques mois, des projets à venir ?
Je bosse avec Martina pour le concert à l’Elysée Montmartre. Et je suis sur l’idée du prochain album, qui se construit petit à petit. En ce moment, je crée de la matière pour aller dans cette direction et je rencontre d’autres artistes avec qui je pourrais collaborer.
Molecule, Climax, Aktarus-Underdog Records.
http://www.myspace.com/moleculeindub






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