
Un jeune groupe de funk à l’ancienne, normal me diriez-vous, les musiciens qui composent ce groupe sont pour la plupart des vieux de la vieille du funk et des scènes musicales françaises et internationales. FunkAtear sort son premier album « Time Crime », un son qui nous rappelle les belles heures des Fishbone et autres Living Colour, des paroles engagées, la voix unique de Joseph Bowie et le groove implacable d’un batteur exceptionnel, Felix Sabal Lecco. Keep it Funky!
Peux-tu nous présenter les membres du groupe ?
HK : Felix Sabal Lecco à la batterie, un ami de toujours, avec qui j’ai commencé et monté notamment un des premiers groupes de funk français, Kenny Ruby un jeune bassiste qui vient d’Amiens, Joseph Bowie au chant et au trombone, ancien leader de Defunkt, et moi, Hervé Krief, à la guitare.
Comment s’est passé ta rencontre avec Joseph ?
HK : Il y a sept-huit ans, alors que j’étais en train d’enregistrer un album solo, j’ai acheté un vieil album de Defunkt. En cherchant sur le net, j’ai vu qu’ils avaient sorti un nouveau disque. J’ai écris pour l’avoir et on m’a dis que Joseph, le leader de Defunkt, était en Europe et qu’il aimait bien jouer avec des jeunes musiciens. Alors j’ai sauté sur l’occasion, j’ai demandé s’il pouvait venir pour participer à mon album comme invité. Quelques temps après, Joseph me contacte directement et accepte ma proposition. Ça s’est si bien passé entre nous que l’on a eu envie de monter un groupe ensemble, c’est un peu comme ça que l’aventure FunkAtear a débuté…
Felix, après avoir joué avec Peter Gabriel, Paul Simon, Zap Mama, Manu Dibango ou encore Jacques Higelin, qu’est ce qui t’a donné envie de participer à l’aventure FunkAtear ?
FSL : au départ, c’est une histoire d’amitié avec Hervé, on a connu ensemble les tournées, les bus, les hôtels avec le groupe Saep et c’est ce qui a cimenté notre amitié et notre envie de faire de la musique ensemble. Et puis, bien sûr, c’est notre passion commune pour la musique, on est animés par l’amour de la bonne musique, tant et si bien, qu’en concert, on a du mal à s’arrêter de jouer tellement on prend de plaisir à le faire !
Vous abordez des thèmes comme la liberté ou la politique dans vos chansons, c’est aussi ça le Funk ? Une musique engagée, militante ?
HK : Le funk a eu une courte vie au niveau médiatique, très à la mode au début des années 70 aux USA, le funk est né des mouvements de révolte de la communauté noire-américaine et puis cette musique s’est transformé en quelque chose de léger et dansant laissant de côté l’aspect contestataire.
Je trouve ca intéressant de retrouver les origines de cette musique avec un son actuel et à travers des textes engagés socialement ou politiquement. Par exemple, dans notre morceau « Stop the killing », on dénonce la violence et les guerres, encore très présentes dans nos sociétés alors que l’on est à un stade très avancé de civilisation…
On pourrait comparer votre musique à ce qu’on appelait, fut un temps, la fusion avec des groupes comme Fishbone, Primus, Living Colour ou encore Jane’s addiction, vous vous sentez en filiation avec ces groupes ?
HK : On se sent véritablement en filiation avec ces groupes et en particulier avec Living Colour, car on aime l’énergie que ces groupes dégagent, et également le sentiment qu’il faut faire bouger les choses. J’ai longtemps pensé que faire de la musique était une expression de révolte sociale, aujourd’hui cette révolte doit passer par les textes et la musique, pas simplement par le fait d’être musicien.
Quels sont les artistes qui vous ont influencés dans votre parcours de musicien ?
FLS : Honnêtement à l’âge de 7 ans, c’est Charles Aznavour qui m’a donné mes premiers frissons musicaux. Au Cameroun, un ami m’a donné mes premiers cours de batterie, puis j’ai connu des gens comme Billy Cobham qui m’ont beaucoup impressionné et qui m’ont appris la batterie. Ce sont ces rencontres qui m’ont le plus influencés dans mon parcours de musicien.
Vous êtes en concert, notamment le 4 avril à Canal 93, vous nous réservez quelques surprises durant ce concert ?
HK : on va jouer l‘album mais aussi de nouveaux morceaux, et puis Nono (Ndlr : le célèbre guitariste du groupe Trust) viendra également sur scène jouer avec nous.
Enfin, alors que vous sortez « Time Crime », en autoproduction et disponible uniquement sur Internet, qu’est ce que l’on peut vous souhaiter pour le futur ?
Beaucoup de concerts et la rencontre avec le public…
FunkAtear, Time Crime, disponible sur www.funkatear.com





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