
Common est un artiste à part dans l’univers du Hip-Hop. A l’instar d’artistes comme les Roots, Erykah Badu ou encore Lauryn Hill, avec qui il collabore régulièrement, Common produit un mélange de soul, de jazz, de rock et de hip-hop. Se distinguant du rap-gangsta par des paroles pacifistes et une production particulièrement riche et soignée, Common poursuit une carrière sans faute. Il ajoute dernièrement une dernière corde à son arc grâce à ses talents de comédien, on a pu le voir notamment dans American Gangster de Ridley Scott. 2010 est une année importante pour Common qui sort un nouvel album The Believer et occupera le rôle principal dans « Just Right », un film autour du basket américain. Rencontre…
Peux-tu me parler de ton prochain album The Believer ?
Je travaille actuellement sur cet album avec Kanye West, The Neptunes, Twilite Tone et No Id. Ensemble, on a envie de produire un son brut plongé dans une atmosphère soul. Mais j’ai en tête, à l’image des albums précédents, d’apporter un vent de fraîcheur et de nouveauté avec cet album. C’est un album qui revient sur mon parcours de musicien. Je viens de la scène underground, et si au début ce n’était pas évident j’ai toujours cru en moi, c’est ce qui m’a permis d’avancer, de surmonter les épreuves et les critiques. J’espère que le public appréciera à nouveau mon travail et ma musique.
Est-il difficile pour toi de trouver de nouvelles inspirations, de te renouveler artistiquement ?
Je pense qu’il est nécessaire pour chaque artiste d’améliorer constamment ses qualités artistiques comme j’ai tenté de la faire depuis le début de ma carrière et comme je souhaite le faire avec ce nouvel album. Pour cela, il faut peut-être considérer sa vie comme une aventure ou une entreprise où il faut multiplier les expériences pour s’enrichir de nouvelles choses. La vie que je mène me permet d’apprendre chaque jour, c’est ce que j’essaie d’insuffler dans ma musique. C’est un peu la même chose dans ma vie privée, je suis né à Chicago, alors quand je reviens voir ma famille, je sens que j’ai un nouveau regard, c’est aussi ce qui est très excitant et enrichissant dans la vie de musicien.
Tu fais partie de ces artistes qui ont contribué à l’évolution du Hip-Hop…
J’ai toujours pensé qu’il était important de briser les carcans dans lesquels le hip-hop s’enferme souvent. Pour cela, j’ai toujours voulu mélanger le hip-hop avec d’autres genres de musique que j’aime comme le rock ou l’électronique. C’est peut-être cela qui a donné un côté progressiste à ma musique. Et puis, je crois aussi que faire de la musique c’est être libre dans son processus de création, sans se soucier des codes du genre. J’ai donc toujours essayé d’expérimenter au risque d’affronter des critiques négatives ou de décevoir les puristes. En même temps, j’ai vraiment l’impression, tout en expérimentant de nouvelles voies, de conserver la philosophie hip-hop dans ma musique.
Tu interprètes le rôle principal du film « Just Right » de Sanaa Hamri, comment t’es-tu préparé pour ce rôle ?
Cela fait maintenant plusieurs années que je prends des cours de comédie et que je joue des rôles secondaires dans quelques films. Pour ce film dans lequel j’interprète le personnage principal, j’ai beaucoup étudié le scénario, un coach m’a aidé sur différentes scènes. J’ai aussi eu le soutien de joueurs de la NBA qui m’ont aidé à comprendre leur quotidien. J’ai dî aussi m’entrainer beaucoup pour avoir un niveau suffisant pour être crédible à l’écran.
Il y a de plus en plus d’artistes hip-hop qui se lance dans le cinéma, comment expliques-tu ce phénomène ?
En ce qui me concerne, j’ai toujours adoré le cinéma, et le fait d’être musicien m’a permis de m’ouvrir à d’autres arts comme la comédie. C’est exact qu’il y a beaucoup d’artistes hip-hop qui essaient de trouver leur voie et la notoriété grâce au cinéma. Mais cela me semble naturel, il n’y pas de raison qu’un artiste se limite à une seule forme artistique pour s’exprimer. La passion est le moteur dans l’art, les artistes sont généralement des gens passionnés, qui peuvent naturellement s’investir dans plusieurs formes d’arts. Lorsque l’on voit Mos Def ou Queen Latifah à l’écran, il aurait été vraiment dommage qu’ils ne se lancent pas également dans une carrière cinématographique et se cantonnent à la musique.
Comment te prépares-tu pour la scène ?
Avec l’expérience, on se sent plus à l’aise sur scène. Mais ce qui est important pour moi, c’est de me sentir bien entouré, par mes musiciens, mes amis, et aussi d’être sûr de moi-même pour être prêt à affronter le public. Ma foi m’aide beaucoup également à dissiper les doutes qui pourraient me troubler avant un show. Ce que j’essaie de faire, c’est de garder en moi la part d’excitation positive à l’idée de monter sur scène et d’abandonner une forme de nervosité, en me disant simplement que je vais faire de mon mieux, que je vais être naturel et honnête avec le public.
Tu as participé deux fois à la Block Party organisée à Paris, retrouves-tu l’esprit des block party américaines ?
Aux USA, à l’origine, les block party était simplement une fête de voisins qui se réunissaient autour d’un barbecue, d’un jeu de bingo et parfois de la musique. Maintenant, une block party, c’est surtout un nom sympa que l’on donne à un festival de musique où plusieurs artistes partageant une même philosophie se retrouvent. C’est Dave Chapelle qui a créé ce concept de festival et le film de Michel Gondry a permis à ce concept de devenir populaire et de s’exporter en France. Ce que je retrouve en France, c’est l’enthousiasme du public, j’ai beaucoup de plaisir à chanter devant le public français.

